La question du patrimoine, en Algérie, relève d’une problématique cruciale à traiter. En effet, malgré son ancrage historique, le patrimoine algérien reste peu connu. Cela est dû aux choix faits après l’Indépendance (1962). La politique du patrimoine de cette période était adoptée loin de la réalité du terrain. Des pratiques encore vivaces jusqu’aujourd’hui, ce qui a causé la dégradation du patrimoine algérien (Guerroudj, 2000).

L’Algérie est entrée dans l’Histoire dès la plus Haute Antiquité. Elle a connu le cumul de plusieurs civilisations : Amazighs, Européennes et arabo-musulmanes. Ceci est attesté par une richesse en vestiges archéologiques, des sources littéraires, épigraphiques et numismatiques, ainsi que par de nombreux sites et monuments. Les premiers textes décrivant l’Algérie, son paysage et ses monuments étaient écrits par des auteurs de l’Antiquité (Pline, Strabon ou Tite Live) et dès le 11e siècle par les voyageurs et les auteurs arabes du Moyen âge (Ibn Hawkel, El Bakri, El Idrisi, Ibn Khaldoun, Ibn Batutta). De même, des récits de captives (évoquant la description des villes et de leurs monuments), et plus tard des cartes de l’Algérie, élaborées par les Espagnols et les Français, évoquaient la présence de monuments localisés partout sur le territoire algérien. Cependant il n’y avait pas de descriptions précises de ces monuments. Ce n’est qu’avec la colonisation française (1830) que les sources d’une historiographie scientifique commencent à être disponibles et qu’une exploration du pays avec un souci scientifique a été mise en place.

Dans ce cours, nous allons ensemble nous pencher sur l’intérêt suscité par la question du patrimoine en abordant les différentes politiques qui ont été mises en œuvre à son encontre. Et cela en suivant une chronologie, avant la colonisation, durant la colonisation et après l’indépendance jusqu’à nos jours.